Lorsque l'on est passionné par les oiseaux on ne se lasse pas de les observer dans leurs
multiples activités et on a parfois la chance de les entrevoir dans des
situations cocasses et peu ordinaires. Voici une petite galerie de ces drôles
de postures prises sur le vif par Alex et Marie Beauquenne.
Le morillon, très élégant dans son habit de cérémonie, hôte
assez régulier des étangs de ma région, arbore en général un maintien réservé,
mais apparemment un souffle de vent malicieux a doté celui-là d'une allure
clownesque qui le montre sous un nouveau jour ou il apparait plein de fantaisie.
Parmi les nombreuses fauvettes visibles en France la
fauvette à tête noire est peut-être celle que l'on connait le mieux par son
chant d'une intensité sonore remarquable qui s'entend dès le début du printemps
et qui semble disproportionné par rapport à la taille de l'oiseau. Sa calotte
noire, marron chez la femelle, permet en outre de la distinguer des autres
fauvettes. Celle présentée ici s'efforce peut-être, au risque d'attraper un
torticolis, de débusquer quelque chenille sous les feuilles ou d'éventer la
présence d'un chat aux aguets.
A surprendre ces mésanges juvéniles dans une telle attitude,
on peut imaginer qu' elles accueillent ainsi un de leurs parents venu remplir
une série de becs insatiables et qui face à cette avidité n'aura d'autre
alternative que de repartir en chasse sans le moindre répit.
La sitelle torchepot dans son costume gris-bleu agrémenté de
rose-saumon doit son nom évocateur au fait qu'elle obstrue en partie son nid
avec de l'argile ; son bandeau de pirate qui lui confère un petit air canaille et sa
particularité de pouvoir descendre les troncs tête en bas, fait très rare chez
les passereaux, l'incitent à prendre la pose avec complaisance devant
l'objectif.
Comme la fauvette à tête noire le pouillot véloce revient
dès les premiers jours du printemps, souvent perché au sommet d'un arbre il se
signale par un chant répétitif sur deux notes très facilement reconnaissable.
Celui-ci semble s'incliner dans une révérence très collet-monté, peut-être pour
remercier l'insecte qui lui servira de déjeuner.
Le pinson des arbres, un bel oiseau, hôte régulier des
mangeoires en hiver, se présente ici vu de dos et le dessin de ses ailes prend
alors un relief particulier. Avec un peu d'imagination on se croirait en
présence d'un masque africain aux yeux en losange, nous toisant d'un regard
rempli de mystère.
Tous ces oiseaux rigolos demandent sans doute beaucoup de
patience à l'observateur et au photographe pour être surpris dans ces attitudes
spéciales mais de tels spectacles les récompensent largement de leur persévérance.
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